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17 - Les coulisses d'un roman, suite…

Dernière mise à jour : 3 août 2021

Petit rappel : tous les extraits que je publie ici sont tirés de la première version d'Intrigue chez Virginia Woolf, donc très différente de la version finale que vous avez pu lire ou que vous pourrez découvrir en cliquant sur boutique.


Dans le passage ci-dessous, Clara se trouve attablée au salon de thé du jardin du Royal Pavilion et médite sur l'existence.



D’un seul coup, comme une nuée de guêpes, un bataillon d’idées noires s’abattit sur moi. La veille au soir, j’avais eu ma mère au téléphone. Son état me préoccupait ; sa santé mentale l’abandonnait de plus en plus. Il était prévu que j’aille bientôt la voir, je le lui avais promis. Soudain, lasse et désabusée, je sortis sans conviction un cahier de cours de mon sac. Je me sentais seule au monde et, malgré le soleil sur ma peau, la vacuité des relations humaines telle qu’elle m’apparaissait à cet instant-là me glaçait le sang. Je secouai la tête pour me débarrasser de ces idées négatives. Mais impossible de les faire bouger ne serait-ce que d’un millimètre.
Une voix complice allait me ramener à la surface du monde. Caroline était devant moi avec son plateau. Elle se pencha et me glissa à l’oreille : « Regardez qui vient vers vous ! »
Elle s’éloigna discrètement tandis qu’« Harrison » s’asseyait à la table d’à côté. Alors, les idées noires cramponnées à mon esprit se détachèrent toutes seules comme les feuilles d’un arbre par grand vent et un grand sourire transfigura mon visage pour accueillir le nouvel arrivant. Il me demanda d’une voix chaleureuse comment j’avais trouvé la petite ville de Lewes.
Avec les pauvres outils linguistiques qui étaient les miens, je racontai tant bien que mal ma journée de la veille. Le chapitre Lewes s’épuisant, j’essayai d’en savoir un peu plus sur mon interlocuteur. J’appris qu’il s’appelait John Ashwood, habitait Brighton depuis peu, travaillait dans une agence de publicité et qu’il aimait venir dans ce jardin pour se ressourcer et s'inspirer de la nature. Notre conversation dut prendre fin, car c’était déjà l’heure de mon cours. Juste avant que je m’éloigne, il m’informa qu’il viendrait le lendemain matin à la même heure, me donnant implicitement rendez-vous. Je lui répondis qu’en principe moi aussi je serais là.

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