16 - Les coulisses d'un roman, suite...
- Anne-Marie Bougret
- 16 mai 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 juil. 2021
Tiré de la première version de mon roman "Intrigue chez Virginia Woolf", cet extrait relate l'entente de Clara avec les colocataires de Liz et son arrivée dans le jardin du Royal Pavilion.

À chaque dîner, je retrouvais Immo et Abdul, deux jeunes hommes très sympathiques, les colocataires de Liz. Immo, un Allemand de trente-cinq ans, journaliste, qui s’était présenté spontanément comme « gay ». Abdul un jeune Saoudien d’une vingtaine d’années avec des yeux de velours aux longs cils recourbés, très beau garçon. Tous les deux suivaient les cours avancés de St Giles.
Parfois, j’avais l’impression d’être leur grande sœur ou leur amie de toujours. Un soir, ils insistèrent pour que je les accompagne en boîte de nuit. Liz fut aussi de la partie.
Autour de la table, les discussions étaient animées et joyeuses, pendant que Liz veillait sur nous en bonne fée protectrice.
☆

Le lendemain, dans le bus qui nous emmenait au Centre ville de Brighton, les garçons m’entouraient telle une garde rapprochée. Je me sentais formidablement bien avec eux, tout en sachant que nos relations, si charmantes fussent-elles, n’étaient qu’éphémères. Ces jeunes hommes suivraient leur route et moi la mienne ; à la fin de notre séjour, nous ne nous reverrions plus jamais.
Le bus déversa son lot de passagers à l’arrêt nous concernant. Immo et Abdul s’en allèrent rapidement suivre leur cours au collège, tandis que je me dirigeais d’un pas tranquille vers le jardin, mon nouveau havre de paix.
Ici, personne ne me connaissait, tout pouvait arriver comme l’inverse. Depuis quelques minutes, j’avais l’impression d’être suivie, sensation insolite aussitôt évanouie lorsque Caroline, la serveuse française me salua et vint bavarder un instant avec moi. J’en profitai pour me renseigner sur l’homme élégant aux cheveux grisonnants avec lequel j’avais échangé quelques mots la fois précédente. Un petit sourire s’afficha sur ses lèvres. Elle me dit ne rien connaître de lui, sinon qu’il était toujours très courtois et qu’il venait de temps en temps prendre un thé.
Le soleil, incroyablement présent depuis le début de mon séjour, réchauffait les groupes de gens, allongés ici ou là sur les pelouses du jardin. Un peu plus loin, à côté d’un massif de fleurs, Watcek, le Polonais, était assis auprès d’une fille de notre cours qui se faisait bronzer sur une serviette. Il me fit un petit signe de la main. Il avait compris qu’il ne m’intéressait pas et c’était une bonne chose.
Vous pouvez commander mon roman en librairie et sur toutes les plateformes :
Commenti